http://www.ministrando.org/sitemap.xml.gz

Deux exemples 

III. LE GROUPE DE JEUNES RÉCIDIVISTES ACHARNÉS : 2 exemples concrets :

1. Justus 9 ans

Justus avait 9 ans quand il a été envoyé au Projet Familial. Le pronostic est sombre et la situation familiale déprimante. Depuis un an, Justus a commis un grand nombre de vols.  Il vole aussi ses parents et il ment souvent. Il n’avait que six ans lorsqu’il a été arrêté pour la première fois par la police. Il avait cassé des vitres à coups de pierre. Il était aussi responsable d’incendies criminels et le motif pour nous l’envoyer était un incendie dangereux. Justus avait incendié une boîte à lettres d’une porte d’entrée tandis que les habitants dormaient. Heureusement, ils ont été réveillés par une odeur de brûlé. Justus avait fugué plusieurs fois, dans la plupart des cas parce qu’il avait été brutalisé par ses parents.

Le père de Justus est issu d’une famille criminelle. Son père (le grand-père de Justus) et ses deux frères sont décrit comme des psychopathes et ils ont été incarcérés durant plusieurs années. Un oncle de Justus a disparu après une mise en liberté conditionnelle. La famille habite dans un quartier de mauvaise réputation de la ville d’Arnhem aux Pays-Bas.

Dans cet exemple on trouve tous les ingrédients pour une carrière criminelle: des facteurs génétiques, une éducation familiale déplorable, un environnement asocial, une personnalité caractérisée par une conscience sous-développée et un autre facteur est l’apparition des conduites délinquantes à un très jeune âge, ainsi que la durée de celles-ci.

Le cas de Justus est typique pour le groupe de jeunes récidivistes acharnés. Le pronostic est possible dès l’âge de huit ans et il est très probable que, étant adultes, ces enfants continueront leur comportement délictuel. La majorité de ce groupe commettra des délits graves ou violents quand ils auront 15 ans. A ce moment-là, il deviendra presque impossible de les traiter dans leur milieu naturel parce que la société exige l’incarcération de ces jeunes délinquants.

2. Mohammed 17 ans

Mohammed est un jeune Marocain de 17 ans qui a été envoyé au Projet Familial après un long trajet de placements dans des instituts. Mohammed a été suivi à plusieurs reprises par le Service d’Aide à la Jeunesse, à partir de l’âge de huit ans, surtout à cause de son comportement difficile à l’école.

Il a eu un premier contact avec le juge de la jeunesse quand il avait 14 ans. Il a commis plusieurs délits : vols, racket, vol avec violence, porte d’armes à l’école.

Mohammed vit avec sa mère, une femme divorcée qui a sept enfants de trois hommes différents. Il a deux frères aînés qui se trouvent tous les deux en prison, et il y a encore quatre enfants plus jeunes. La mère vit seule avec ses enfants, mais elle a un contact régulier avec un homme de nationalité turque. Elle n’est plus acceptée par les autres marocains du quartier.

Le père de Mohammed a été expulsé vers le Maroc parce qu’il avait commis plusieurs délits violents. Il n’y a pas de contact entre Mohammed et son père.

Pendant son premier placement dans un centre d’observation, il fugue et il disparaît pendant six mois. Il est de nouveau arrêté pour plusieurs délits, entre autres vols avec violence. Il sera placé dans un centre de rééducation fermé. Dans cet établissement, il a été mis en chambre d’isolement suite aux menaces et destructions dont il a été l’auteur.

A chaque fois qu’il est convoqué chez le juge, il promet tout, il nie les faits, même quand les preuves sont accablantes, et les promesses qu’il a faites devant le tribunal ne sont jamais respectées. Mohammed fugue dès qu’il est de nouveau placé.

Selon la police, Mohammed fréquente un milieu criminogène extrêmement inquiétant. Pendant une fugue, il a été intercepté après avoir commis un vol à main armée dans un station-service.

Le juge ne trouve plus d’institut qui accepterait Mohammed et après un séjour dans un prison, le juge a fait appel à mon équipe pour essayer une intervention dans son milieu naturel.

Nous voyons que les interventions n’ont pas eues de résultats jusqu’ici. On a plusieurs placements de courte durée. Rien n’a été changé dans le milieu familial. Il n’y a presque pas d’interventions auprès de la mère et nous ne savons pas comment l’éducation familiale se déroule. On nous a dit que la mère est peu motivée à collaborer et que les tentatives de dialogue s’avèrent difficiles.

Mohammed a connu une succession d’échecs. Il a terminé sa scolarité vers 15 ans ; il se sent abandonné par les adultes; il n’est jamais resté dans un institut jusqu’à la fin du programme d’intervention; les intervenants successifs ont perdu espoir en lui.

Comment changer cette situation désespérée? Dans le Projet Familial nous avions une stratégie spécifique pour aborder ces cas difficiles. Notre point de départ était qu’il fallait d’abord un cadre éducatif. Ça veut dire qu’il y avait un adulte avec lequel ce jeune garçon aurait pu s’identifier; un adulte qui aurait une influence positive sur lui. Un cadre éducatif veut dire aussi qu’il y a des relations de confiance avec sa mère et avec cet adulte. En plus, il faut une certaine régularité dans sa vie (aller régulièrement à l’école ou avoir un travail). Il lui faut surtout des réussites, des expériences qui ont un effet positif sur son estime de soi. Si il respecte ces règles, on doit lui accorder des privilèges pour l’encourager.

SUITE: UNE CARRIERE CRIMINELLE

RETOUR HOME

© Juliaan Van Acker 2017